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L'évolution du système de points de 1950 à nos jours


Posté le 5 septembre 2009 - 00:44 par Nathan Lohéac

images/france51.jpg En 1950 est organisé pour la première fois un championnat du monde de formule 1. Des pilotes des 4 coins du globe (mais au départ plus européens qu’autre chose) s’affrontent tout au long d’une saison, sur plusieurs courses. Qui dit championnat dit évidemment système de points, afin de déterminer, une fois la saison terminée, le meilleur pilote du championnat.

Avant d’aborder les barèmes, intéressons-nous d’abord aux systèmes de points. La question du point pour l’auteur du meilleur tour en course par exemple, s’est beaucoup posée ces dernières saisons. Attribuer un point au pilote qui signe le meilleur tour pendant la course est tout à fait légitime puisqu’il permet à un bon pilote, même s’il s’est perdu en milieu de peloton, d’être récompensé après avoir prouvé qu’il était capable d’aller vite. Lors du premier championnat conducteur, en 1950 donc, et jusqu’en 1959, 1 point était attribué à l’homme le plus rapide en course. Ainsi, durant ces 9 années durant lesquels le MT était récompensé, Fangio fut le pilote le plus rapide en course avec un total de 23 MT entre le GP de Grande Bretagne 1950 et celui de clôture de saison 59, aux Etats-Unis. Un pourcentage très élevé de 45% de courses terminées avec le MT. Il devance Stirling Moss, 16 MT, Alberto Ascari, 12 MT, puis Mike Hawthorn et José Froilan-Gonzalez avec 6 MT. Seuls 27 pilotes signèrent un MT dans les 50’s et bénéficièrent donc du point bonus l’accompagnant. 9 d’entre eux furent des récidivistes puisque Phil Hill, champion du monde 1961, arrive en 9e position de ce classement avec pourtant un total de 2 MT.

Au total, 117 pilotes ont signé un Meilleur Tour en course. Celui dont on a vu le plus de fois le nom en tête de classement est, vous vous en doutez sûrement, Michael Schumacher, avec 76 MT en course. Le podium est complété par Alain Prost, 41 MT et… Kimi Räikkönen, 35 MT ! Les 9 premiers de ce classement ont tous finis champions du monde. En parlant de champions du monde, 11 des 30 hommes titrés dans toute l’histoire de la F1 ont signé moins de 10 MT dans leur carrière ! Enfin bref, toujours est-il que certains sont bien chanceux que le point du MT ait été aboli… Alain Prost, par exemple, aurait été titré à la place de Senna en 1988 et Massa aurait détrôné Hamilton 20 ans plus tard… Mais avec des si… Ceci étant dit, une réinstauration de ces points bonus ne pourrait que pimenter d’avantage la F1 actuelle.

Abordons maintenant un point plutôt intéressant : Entre 1950 et 1953, le championnat comptait 7 à 9 courses et pourtant, seuls les 4 meilleurs résultats de chaque pilote comptaient pour le classement final. C'est-à-dire qu’un pilote avait le droit à l’erreur. S’il gagnait 4 courses avec le MT en poche, il était assuré d’avoir le maximum de points et que, quelques soient ses autres résultats de la saison, ils ne compteraient pas. Entre 1954 et 1957, saisons comportant environ le même nombre de courses que les années précédentes, la règle des 4 meilleurs résultats fut légèrement modifiée et passa à 5. En 1959, les 5 meilleurs résultats sur 11 courses étaient comptabilisés. L’année suivante, 5 sur 9. Puis cela oscilla entre les 5 ou les 6 meilleurs résultats selon qu’il y avait un nombre de course plus près de 8 ou de 11. Tout ça jusqu’en 1967, où il y eut une nouveauté dans ce système. Nouveauté qui dura sur le même modèle jusqu’en 1980. Le principe était de couper la saison à peu près au milieu, puis d’appliquer en suite ce principe de meilleurs résultats pour chaque partie de la saison. Ainsi, pour prendre un exemple concret, les 5 meilleurs résultats de chaque pilote comptaient pour les 6 premiers GP de la saison, puis les 4 meilleurs comptaient pour les 5 derniers GP. Jusqu’en 1980, les saisons étaient coupées en 2 à la moitié (en coupant juste après la moitié en cas de nombre impair de course) sauf en 1975 ou, étrangement, il fut décidé que le championnat de 14 courses serait coupé après le 8e GP. De 1981 à 1990, la saison ne fut plus coupée en 2 mais le concept du droit à l’erreur fut laissé. Ainsi, sur les 15 ou 16 courses que comptaient ces saisons, seuls les 11 meilleurs résultats de chaque saison comptait pour le général. Depuis 1991, tous les résultats comptent.

Avant d’en venir aux barèmes, faisons un court détour par le partage de points. Entre 1950 et 1959, quand le règlement autorisait 2 pilotes à se partager la même voiture, ceux-ci devaient se partager le nombre de points gagnés. Partager une voiture était assez courant. En général, lorsque le pilote principal d’une écurie abandonnait, l’écurie rappelait une de ses autres voitures engagée aux stands et le pilote principal prenait le volant et terminait l’épreuve. Si la voiture terminait dans les points, les points étaient partagés entre tous les pilotes étant passés derrière le volant de la monoplace durant la course. Bien entendu, l’auteur du meilleur tour, s’il avait partagé sa voiture, gardait son point pour lui seul. Par exemple, Luigi Fagioli, au GP de France 1951, partageait une voiture avec Juan Manuel Fangio. Cette voiture termina en tête, fêtant la première (et unique) victoire de Fagioli et la 5e de Fangio. Les deux hommes se partagèrent les 8 points de la victoire, mais Fangio en totalisa 5 à ce GP car il avait signé le MT en course. Cependant, les points du MT pouvaient être partagés dans une circonstance. Lorsque plusieurs pilotes avaient été chronométrés avec le même MT (les chronos de l’époque n’étant pas aussi précis qu’aujourd’hui, c’est arrivé plus d’une fois), ils se partageaient le point du MT. Au grand prix de Grande-Bretagne 1954 par exemple, 7 pilotes (Fangio, Gonzalez, Hawthorn, Moss, Marimon, Ascari, Behra) ont été chronométrés avec le même MT. Chacun reparti avec un bonus de… 0.14 points sur ce GP ! Les seuls de la saison pour Jean Behra.

Le barème maintenant ! Jusqu’en 1960, le vainqueur empochait seulement 8 points. C’est ce que gagne aujourd’hui le 2e arrivé d’un GP. De 1950 à 1959, seuls les 5 premiers pilotes étaient récompensés avec le barème suivant : 8-6-4-3-2. +1, rappelons le, pour l’auteur du MT en course. En 1960, le nombre total de points distribué par course ne changea pas, mais celui qui était jusque là distribué au plus rapide alla au 6e de la course. En 1961, on rajouta un point au vainqueur et, de 1961 à 1990, le barème fut donc 9-6-4-3-2-1. En 91, on rajouta encore un point au vainqueur, qui en totalisait donc 10, et ce jusqu’en 2002. A partir de là, le nombre de pilotes récompensé fut élargi à 8, avec le barème qui sert encore actuellement, soir 10-8-6-5-4-3-2-1.

Il est temps désormais de parler du championnat parallèle : celui qui oppose les plus grands constructeurs mondiaux ! La première notion de championnat des constructeurs est apparue en F1 en 1958 seulement, au 8e championnat de F1. Il était présenté sous le nom de « coupe des constructeurs » et fut remporté pour la première fois par Vanwall. Mais, de 1958 à 1978 inclus, ce championnat avait ceci de différent par rapport à maintenant : seule la première voiture classée de chaque écurie marque des points. Ainsi, une seule voiture par GP pouvait rapporter des points à la maison. Depuis 1979, tous les résultats comptent. Les points de toutes les voitures, et pour chaque GP de la saison.

On terminera l’étude de cette évolution par une petite anecdote : En 1961, alors que le barème pilote était 9-6-4-3-2-1, celui des écuries était identique à celui des pilotes de l’année précédente, soit 8-6-4-3-2-1. Le vainqueur d’un GP marquait donc 9 points au championnat conducteurs mais n’en rapportait que 8 à son équipe ! Cette saison fut la seule où les barèmes des championnats conducteurs et constructeurs furent différents.

Photo: GP de France 1951, Source: http://statsf1.com
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