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Qualifications : Et le poleman est... Barrichello !

samedi 17 octobre 2009, par Toby Ratantely

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Deux heures et quarante et une minutes ! Cette séance de qualifications restera comme la plus longue de l’histoire de la F1 à ce jour. Des orages étaient prévus par les prévisions météo : celles-ci se sont avérées diaboliquement précises. Dans l’affaire, comme souvent, beaucoup y ont laissé des plumes. Jugez plutôt : Jenson Button est 14ème, Sebastian Vettel 16ème, et Lewis Hamilton... relégué à la 18ème place. Mais d’autres ont eu la baraka, à commencer par Rubens Barrichello. Le Brésilien signe une pole position ô combien cruciale à domicile.

Pourtant, rien n’a été simple. On a même cru que la séance serait repoussée au dimanche matin, tant les conditions étaient dantesques.

Q1 (P20-P16)

Une météo légèrement plus clémente a permis de donner le départ de Q1 à l’heure prévue (14h00 locales). Sous une pluie battante, Vettel a signé le premier temps de référence, devant Fisichella, avec des chronos autour des 1’40". Mais sitôt après avoir signé son chrono, Fisico partait en tête-à-queue dans le S de Senna et se retrouvait bloqué au milieu de la piste, la F60 ayant calé. C’était le premier drapeau rouge. L’interruption allait durer près d’un quart d’heure, la direction de course s’interdisant de donner le feu vert en l’absence d’amélioration de la météo.

A la reprise, les chronos tombèrent logiquement en même temps qu’une trajectoire toute relative se dessinait sur la piste. Et à ce petit jeu, le premier à se faire avoir sera... Vettel, dont le tour en 1’25"009 fera de lui le premier éliminé, à la 16ème place. Inutile de dire qu’à présent, ses chances au championnat relèvent carrément du miracle.

Dans la charrette des condamnés se trouvaient également les deux McLaren. Kovalainen, 17ème, et Hamilton, 18ème, ont du pain sur la planche s’ils veulent chiper la troisième place constructeurs à la Scuderia Ferrari. Mais les langues se sont déliées : l’équipe mise sur une météo sèche pour la course et a réglé ses voitures en conséquence. Pas sûr que le sacrifice soit payant... Les MP4-23 ne devancent que Heidfeld, étonnamment en dedans, et Fisichella évidemment.

Q2 (P11-P15)

La deuxième partie de la séance aurait dû être lancée à 14h41, après une première annonce de la direction de course. Perdu : appliquant toujours le principe de prudence, la FIA lancera finalement les hostilités à 14h57... soit plus ou moins l’heure à laquelle la séance aurait dû se terminer. Et moins de trois minutes plus tard, Vitantonio Liuzzi partait en aquaplaning et sortait violemment de la piste au premier virage et provoquait le second drapeau rouge de la séance...

On passera rapidement sur la longue attente, ponctuée par plusieurs tours de reconnaissance de la voiture médicale. A 15h30, son pilote, Alan van der Merwe, en est revenu avec un message clair : trop mouillé. Rebelote à 15h45, et même verdict. A 16h00, un espoir : la visibilité redevenait correcte... Et la session d’être relancée à 16h10, après 1h10 d’interruption !

Toutes les voitures se sont précipitées en piste, alors que les conditions s’amélioraient franchement. La preuve : le meilleur temps a été signé Nico Rosberg, qui a eu le courage et l’intelligence de chausser des pneus intermédiaires très tôt. Par contre, c’était la soupe à la grimace pour Jenson Button. En difficulté dès la reprise, le leader du championnat a pourtant préféré insister avec des pneus pluie dont le pic de performance était passé depuis longtemps. Il admettra plus tard que c’était une erreur. Et voilà comment le Britannique se retrouve 14ème...

Chez Toyota, Kamui Kobayashi a fait montre d’un beau sang-froid, et seule une erreur dans son dernier tour de Q2 le prive d’une place dans le top 10. Il partira malgré tout 11ème, ce qui est très honorable. Il se retrouve en tête d’un trio de débutants puisqu’Alguersuari est 12ème, devant Grosjean. Notons toutefois que leurs coéquipiers respectifs se sont tous qualifiés pour Q3.

Q3 (P1-P10)

Il ne restait donc que 10 minutes avant de connaître enfin la grille de départ de ce GP. Et avec l’assèchement lent mais constant de la piste, Q3 s’est avérée haletante, le meilleur temps changeant de mains sans arrêt. La Toro Rosso de Buemi, la Brawn de Barrichello, la BMW de Kubica, la Toyota de Trulli, la Williams de Rosberg, Barrichello de nouveau, la Red Bull de Webber, Webber encore, et finalement Barrichello : neuf améliorations pour la pole sont à recenser, sans compter celles, moins en vue, comptant pour les places d’honneur.

Au final, Barrichello signe un chrono de 1’19"576, devant Webber (1’19"668). Grosse performance mais demi-surprise de la part d’Adrian Sutil, toujours excellent sur le mouillé, qui signe le troisième chrono à trois dixièmes de Barrichello. Trulli se positionne en quatrième position dans ce qui ressemble de plus en plus à un baroud d’honneur d’un vétéran (ou au chant du cygne d’un futur retraité ?). Raikkonen, 5ème, s’en sort bien, et portera une nouvelle fois les espoirs de Ferrari, toujours devant McLaren au championnat et qui entend bien le rester.

Dans la deuxième partie du top 10, on retrouve un étincelant Buemi (6ème), qui devance Rosberg, "seulement" 7ème après avoir été le plus rapide en Q2, Kubica, Nakajima, et Alonso, qui doit décidément trépigner d’impatience à l’idée de rejoindre Ferrari l’an prochain.

16h41 : les spectateurs brésiliens peuvent finalement quitter le circuit avec la satisfaction d’avoir assisté jusqu’au bout à un spectacle décousu, mais un beau spectacle tout de même. Un spectacle qui, de surcroît, a consacré l’un des leurs. Et qui rend probable la perspective d’un duel final entre les deux pilotes Brawn à Abu Dhabi... Qui s’en plaindra ?


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